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23.05.2007
Eric Besson, le transfuge récompensé
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Ancien "M. Economie" du Parti socialiste passé dans l'autre camp en cours de campagne, Eric Besson a été nommé secrétaire d'Etat chargé de la Prospective et de l'évaluation des politiques publiques au sein d'un gouvernement de droite.
L'ex-secrétaire national du PS exercera ses fonctions auprès du Premier ministre François Fillon.
Epilogue d'un des feuilletons les plus mouvementés de la campagne présidentielle, cette désignation couronne une carrière atypique partagée entre le privé et la politique, qui a basculé le 21 février 2007.
Après de fortes tensions sur le chiffrage du "pacte présidentiel" de Ségolène Royal et, explique-t-il, des attaques ad hominem, l'homme au visage poupin claque la porte du PS. "Je ne reviendrai jamais", prévient-il.
Après ce coup d'éclat, il publie un livre au vitriol pour régler ses comptes avec la candidate socialiste - "Qui connaît Mme Royal?" se classe rapidement en tête des ventes d'essais - officialise son soutien à Nicolas Sarkozy au soir du premier tour et participe à trois meetings de l'UMP entre les deux tours, concluant son propos d'un "Forza Nicolas!".
Le 6 mai, Ségolène Royal, battue, téléphone à Nicolas Sarkozy pour le féliciter, comme le veut la tradition républicaine.
Elle glisse dans la conversation sa colère d'avoir vu l'UMP "récupérer" Eric Besson - qu'elle surnomme en privé "Judas" - et rappelle à son rival qu'elle avait interdit la distribution du pamphlet rédigé par le responsable socialiste sur le futur président intitulé "Un néo-conservateur au passeport français" - un texte "limite raciste" à ses yeux.
Une manière de mettre en garde son adversaire : elle prendra comme un affront personnel la nomination à un poste ministériel de celui que Libération a un temps surnommé le "traître étalon".
Né en 1958 au Maroc d'une mère d'origine libanaise et d'un père pilote-instructeur dans l'armée de l'air mort trois mois après sa naissance, Eric Besson arrive en France à 17 ans, fait des études de commerce puis intègre Sciences-Po Paris. En 1982, il rate le concours d'entrée à l'Ena.
Celui que le "Dictionnaire des Parlementaires Drômois de 1848 à 2002" décrit comme un "homme susceptible et un compétiteur extrêmement déterminé" publie le lendemain un encart publicitaire dans Le Monde pour proposer ses services au secteur privé. "Je ne crois pas que l'Etat soit le seul à satisfaire l'intérêt général", proclame-t-il sur un quart de page.
Il est embauché chez Renault Véhicules Industriels avant un bref passage par la presse (Challenges). Il travaille ensuite pour la fondation Face, qui lutte contre l'exclusion et est dirigée par Martine Aubry, puis la fondation Vivendi s'occupant de réinsertion de chômeurs.
Eric Besson, marié et père de trois enfants, est maire de Donzère, un village de 4.000 habitants dans la Drôme, depuis 1995. En quittant le PS, il a annoncé qu'il ne se représenterait pas aux élections
Reuters
vendredi 18 mai 2007, mis à jour à 12:05
L'EXPRESS
16:32 Publié dans Lu dans la presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note