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28.02.2007

Royal veut faire de la réussite des quartiers son "grand chantier présidentiel"

Prenant une longueur d'avance sur Nicolas Sarkozy en matière de visite en banlieue, Ségolène Royal a été le premier candidat à la présidentielle à signer mardi le "contrat social et citoyen" du collectif AC le Feu, lors d'un déplacement à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) où elle a promis de faire de la "réussite des quartiers populaires" son "grand chantier présidentiel".

La candidate socialiste a cependant refusé de parapher un certain nombre de propositions du collectif comme sur la fiscalité, un "salaire mensuel" pour les familles monoparentales, la suppression de la TVA, l'arrêt de la privatisation des services publics, une aide au développement des pays pauvres de 1% du PIB.

"Je n'accepte plus que l'on parle d'intégration mais je veux parler d'égalité réelle et républicaine", a-t-elle martelé devant les jeunes en majorité de type maghrébin et noir, venus la rencontrer. Elle a promis que son "grand chantier présidentiel" serait, si elle était élue, "la réussite des quartiers populaires".

Ces derniers "ne doivent plus être considérés comme un problème mais comme une partie de la solution aux problèmes qu'a la France", a-t-elle affirmé. "Une partie de l'avenir de la France se trouve dans la capacité que nous aurons à mettre l'énergie des quartiers au service de l'intérêt général et de la relance de la croissance. On n'a pas le droit de gaspiller ce potentiel, ces talents", a-t-elle assuré. "Il n'y aura pas d'assistanat ou de mise sous tutelle, puisque vous êtes une force en mouvement", a souligné Mme Royal.

Aujourd'hui, "la situation est extrêmement tendue (...) Rien n'a été réglé depuis les émeutes précédentes", a-t-elle par ailleurs dénoncé, tout en se disant "optimiste" et consciente d'un "immense travail qu'il y a à accomplir" et de la nécessité à "agir très, très rapidement".

La candidate socialiste a rappelé ses propositions en faveur de la police de quartier, le prêt gratuit de 10.000 euros pour la création d'entreprise ou les "emplois-parents", une proposition d'AC le Feu reprise dans son "pacte présidentiel".

"Aujourd'hui, il y a un électorat qui est né, qui n'était peut-être pas prévu dans l'échiquier politique, c'est celui des quartiers populaires et de la banlieue. Il va falloir en tenir compte", a lancmé Mohamed Mechmache, président d'AC le Feu, qui a organisé des journées d'inscriptions sur les listes électorales. Selon lui, les candidats à l'Elysée ont trop vite oublié la banlieue.

Auparavant, Mme Royal avait déposé des fleurs sur la stèle érigée à la mémoire de Zyed Benna et Bouna Traoré, les deux adolescents décédés le 27 octobre 2005, électrocutés après s'être réfugiés dans un transformateur électrique alors qu'ils étaient poursuivis par des policiers. Elle avait aussi rencontré les membres d'une petite association qui fait du soutien scolaire.

Cette visite dans les "quartiers" avait sans doute aussi pour but de damer le pion à Nicolas Sarkozy. Celui-ci, attendu à Argentueil et à Nanterre au début du mois, a plusieurs fois reporté ou annulé ces visites en banlieue parisienne, où il n'a quasiment pas remis les pieds depuis ses déclarations controversées sur la "racaille" à Argenteuil ou sur le nettoyage au "Kärcher" de la Cité des 4.000 à la Courneuve.

"Nicolas Sarkozy s'est rendu beaucoup, beaucoup dans les banlieues" et "il continuera", a promis mardi Claude Guéant, son directeur de campagne, sur Europe-1. Mais "il n'est pas obligé de plonger tête baissée dans les pièges qui lui sont tendus avec des comités d'accueil qui ont été préparés pour créer du désordre", a-t-il justifié.

Juste après Ségolène Royal, Olivier Besancenot, le candidat LCR, est venu signer le pacte d'AC le Feu, qui souhaite convaincre tous les candidats. Marie-George Buffet (PCF) et José Bové sont attendus jeudi, tandis que Dominique Voynet (Verts) et Arlette Laguiller (LO), également intéressées, devraient prendre rendez-vous. AP




AP | 27.02.2007 | 17:20
LE NOUVEL OBS

Royal installe la campagne sur le terrain des banlieues

Ségolène Royal a voulu porter un message positif : «Je ne veux plus que vous soyez considérés comme un problème mais comme une partie de la solution», a-t-elle lancé hier aux habitants de Clichy-sous-Bois.

AU PIED de la cité du Bois-du-Temple, la démonstration de Ségolène Royal tient en quelques pas : elle peut aller et venir en banlieue sans heurts, alors que Nicolas Sarkozy, assurent les socialistes, y est persona non grata. La candidate du PS à la présidentielle était hier à Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. C'est dans cette ville très défavorisée, à 20 km de Paris, qu'ont commencé, il y a seize mois, les émeutes de banlieue, après le décès de deux jeunes poursuivis par la police.

« Mon grand chantier présidentiel, ce sera la réussite des quartiers populaires. Je ne veux plus que vous soyez considérés comme un problème mais comme une partie de la solution, a lancé Royal hier aux habitants de Clichy-sous-Bois. Vous faites partie intégrante de la Nation. »

Royal n'a pas cité une fois Nicolas Sarkozy, laissant cela au premier secrétaire, François Hollande, qui se trouvait lui aussi en banlieue hier soir, à Argenteuil.

« Rien n'a changé »

Bien entourée et porteuse d'un message résolument positif, Ségolène Royal n'avait aucune raison d'être bousculée. Aux côtés des proches de « Zyed et Bouna », et de leur avocat Jean-Pierre Mignard (qui est aussi l'ami personnel de Royal), la candidate a commencé sa visite en se recueillant quelques instants devant la stèle érigée à la mémoire des deux victimes. Entre octobre 2005 et aujourd'hui, « rien n'a changé », a-t-elle commenté plus tard. « Les choses peuvent rebasculer très rapidement si rien n'est fait. »

Accompagnée par le maire, Claude Dilain, elle a ensuite rencontré une association de quartier qui s'occupe notamment de soutien scolaire. « Est-ce que vous auriez besoin d'étudiants bénévoles » pour vous aider, demande-t-elle. L'idée figure dans son programme. Royal voudrait obtenir l'onction du terrain. « Je veux que tous les enfants puissent avoir du soutien scolaire gratuit. » Mais l'inquiétude des trois permanents de l'association concerne d'abord la pérennisation de leurs fragiles emplois aidés.

Au bout du compte, deux habitants disent clairement qu'ils voteront pour elle. Mais pour des raisons différentes : parce qu'elle est socialiste, comme Claude Dilain, qui était présent « 24 heures sur 24 pendant les émeutes », dit l'un. « Si vous voulez le changement, votez Ségolène Royal, dit un autre, et ne votez pas pour Joe Dalton. » C'est de Nicolas Sarkozy qu'il est question.

Raison officielle de sa venue à Clichy-sous-Bois, Ségolène Royal a enfin rencontré le collectif AC le Feu, qui s'est créé après les émeutes de 2005. Pour redonner de l'optimisme aux habitants de Clichy-sous-Bois, Royal ne manque pas d'entrain : « J'ai confiance en vous, en vos talents, en votre énergie », a-t-elle déclaré, ajoutant : « Il n'y aura pas d'assistanat ou de mise sous tutelle. » À titre d'exemple de la créativité en banlieue, elle s'est félicitée d'un cadeau qu'elle venait de recevoir : « Tout à l'heure, l'un d'entre vous m'a offert un beau tailleur rose, c'est formidable de créer comme ça une activité. » Interpellée sur les « injustices de la police », elle a réaffirmé que pour elle, la solution c'est « la police du quartier » (lire ci-dessous).

L'association AC le Feu avait invité tous les candidats à la présidentielle à signer son « pacte social et citoyen » qui comporte une centaine de propositions, certaines ayant trait aux banlieues, d'autres n'ayant qu'un rapport lointain avec elles. Ségolène Royal s'est exécutée, tout en écartant une trentaine d'idées.

Le candidat de la LCR, Olivier Besancenot, que Royal a soigneusement ignoré, a également signé le document. Demain, c'est au tour de José Bové et de Marie-George Buffet. Quant à Nicolas Sarkozy, s'il veut signer, il devra d'abord « démissionner » du ministère de l'Intérieur, a expliqué le président du collectif, Mohammed Mechmache.


Publié le 28 février 2007Actualisé le 28 février 2007 : 09h06
NICOLAS BAROTTE
LE FIGARO

Ségolène Royal porte sa campagne en banlieue parisienne

CLICHY-SOUS-BOIS, Seine-Saint-Denis (Reuters)
Ségolène Royal a porté mardi sa campagne présidentielle à Clichy-sous-Bois, où la mort de deux adolescents dans un transformateur électrique avait déclenché une vague de violences dans les banlieues à l'automne 2005.

La candidate socialiste répondait à l'invitation du collectif AC Le Feu (Association collectif liberté égalité fraternité ensemble et unis), créé après le décès de Zyed Benna et Bouna Traoré dans cette ville de Seine-Saint-Denis.

Accompagnée des familles des deux adolescents, elle a déposé une gerbe sur la stèle érigée en leur mémoire, avant de signer le "contrat social et citoyen" proposé par AC Le Feu aux candidats à l'élection présidentielle.

Le texte, issu de la consultation de milliers de personnes dans 120 quartiers de France, comporte une centaine d'engagements pour l'emploi, les salaires, les services publics, le logement, la justice et l'égalité des chances.

"Le grand chantier présidentiel ce sera la réussite des quartiers populaires" qui "ne doivent plus être considérés comme un problème mais comme une partie de la solution aux problèmes", a déclaré Ségolène Royal dans la Maison de la jeunesse de Clichy-sous-Bois.

"Je n'accepte plus que l'on parle d'intégration, je veux tout simplement parler d'égalité réelle et d'égalité républicaine", a-t-elle ajouté, déclenchant les applaudissements des quelques dizaines de personnes présentes.

Ségolène Royal a rappelé plusieurs propositions de son "pacte présidentiel" qui contribueront, selon elle, à améliorer la situation des quartiers défavorisés et des jeunes.

LA GAUCHE "N'A RIEN FAIT"

Elle a notamment cité le projet d'"allocation autonomie", les prêts à taux zéro pour démarrer une activité et le service civique obligatoire qui permettrait d'aider les associations.

Interrogée par un jeune homme sur ses projets concernant la police et "ses abus de pouvoir", la candidate a estimé que "sur toutes les formes de discrimination que les jeunes vivent, la solution c'est la police de quartier", qu'elle souhaite créer.

Mohammed Mechmache, président d'AC Le Feu, a souligné que Ségolène Royal était la première candidate à signer le texte du collectif et qu'Olivier Besancenot, José Bové et Marie-George Buffet feraient de même dans les prochains jours.

Arlette Laguiller "attend qu'on lui propose un rendez-vous", a-t-il ajouté, précisant "nous n'avons pas encore de nouvelles" de François Bayrou.

En déplacement à Metz, ce dernier a laissé entendre qu'il ne signerait pas le texte.

"Je ne parle pas de signature parce que la mise en scène des signatures, ça commence à bien faire", a-t-il dit à la presse.

"Ces préoccupations-là je les intégrerai. On ne va pas faire le tour de France des signatures sur tous les sujets. Il faut garder un minimum d'indépendance à la parole politique", a-t-il ajouté.

S'agissant du candidat de l'UMP, Mohammed Mechmache a assuré : "On recevra M. (Nicolas) Sarkozy quand il aura démissionné de son poste de ministre de l'Intérieur".

"M. Sarkozy doit pouvoir se justifier des positions qu'il avait prises" après la mort de deux adolescents, a-t-il ajouté.

Le ministre de l'Intérieur avait assuré au lendemain du drame que les deux jeunes gens étaient impliqués dans un vol sur un chantier et n"étaient pas poursuivis par la police.

Deux policiers ont été mis en examen début février pour "non-assistance à personnes en danger" dans le dossier portant sur la mort des deux adolescents.

Un autre jeune homme a expliqué à Ségolène Royal que "ça fait 10-15 ans qu'on a plus trop confiance dans la gauche parce qu'elle n'a rien fait pour les banlieues".

Il lui a demandé de faire "tout le nécessaire et de refaire la politique que M. Mitterrand avait faite".



Par Jean-Baptiste Vey
27.02.07 | 17h02
LE MONDE

27.02.2007

Entre une extrême gauche gangrenée et un centrisme mystificateur, Royal est la seule issue.

Ségolène, bien sûr

Ségolène Royal s'est attaquée simultanément à deux tâches écrasantes: se faire élire présidente de la République et rénover le Parti socialiste. En vérité, elle n'avait pas le choix. Sa seule chance d'être désignée comme candidate par le PS était de s'imposer de l'extérieur et de forcer le parti. La géniale invention due à François Hollande et à Jack Lang de l'adhérent à vingt euros a introduit un couloir de circulation entre deux mondes jusque-là étrangers l'un à l'autre: celui des militants et celui des sympathisants. Le premier obéit à des règles non écrites mais contraignantes. Le parti se prend à gauche; son chef est tenu à un discours de gauche, voire gauchiste, censé rassembler le parti jusqu'au premier tour de la présidentielle; il lui est ensuite permis entre les deux tours de «s'ouvrir» sur la droite pour obtenir le surcroît de voix nécessaires à son élection; une fois élu, il lui revient de se confronter au monde extérieur, aux contraintes économiques, à l'équation parlementaire: à la réalité. Ces trois phases sont compartimentées avec soin, de sorte que le candidat essuie rituellement sur sa droite l'accusation d'incohérence, sur sa gauche celle de trahison.

Ségolène a changé cela: madame 20 euros a tenu d'emblée un discours socialement de gauche et économiquement de droite, selon le voeu de sa nouvelle clientèle. Les ambiguïtés de ce discours sont moins dues à l'insuffisante clarté de son esprit, comme on l'en accuse élégamment, qu'à la nécessité de naviguer au plus près, surveillée qu'elle est par les uns et par les autres. Mais son discours de Villepinte, où les étourdis n'ont voulu voir qu'un catalogue, a montré sa détermination à ne rien céder d'essentiel aux éléphants. Désormais, ceux-ci sont prévenus, et Sarkozy aussi: Ségolène Royal ira jusqu'au bout, sur sa propre ligne, en dépit des frustrations, des murmures et des croche-pieds.
Ce faisant, elle est dans la ligne du Léon Blum du congrès de 1946, s'adressant à la majorité mollettiste: «Vous avez peur... Vous avez la nostalgie du Parti d'avant la guerre, y compris de ses institutions... Vous êtes incapables d'imaginer une combinaison qui ne date pas d'avant-guerre, et la nostalgie vous ramène à ce passé, bien qu'il ne repose plus sur rien.»

Elle est aussi dans la ligne de l'équipée rocardienne de 1993-94 mais, à la différence de Blum et de Rocard, sa tentative est appuyée sur des couches sociales nouvelles, le plus souvent extérieures au parti: des bobos, sans doute, mais aussi une clientèle beaucoup plus populaire. Se situant, selon les moments et les problèmes sur la gauche et sur la droite du parti, elle est ainsi moins vulnérable aux procès en sorcellerie.
S'il ne s'agissait que de la présidentielle, ses anciens rivaux auraient fini par se résigner à la soutenir sans réserves; mais il s'agit aussi, ipso facto, du contrôle ultérieur du parti. Les zizanies entre Ségolène et le PS, dont la démission d'Eric Besson n'est jamais que le dernier épisode, s'expliquent par cet enjeu caché, mais déterminant. Et la désignation pour sa campagne d'un nouveau conseil stratégique, où siégeront notamment DSK, Fabius et Jospin, n'y changera pas grand-chose.

Et maintenant, quelles sont les chances de Ségolène Royal? Assez sérieuses pour que chacun réfléchisse à son propre rôle et émette un vote de responsabilité plutôt que de confort. Le confort, cette douce tentation du vote pour se faire plaisir, du vote pour dorloter ses convictions, du vote pour sauver son âme, nous le connaissons bien: c'est d'aller chez les trotskistes, les écolos ou encore les alters si bouffis de leur importance qu'ils ne sont plus aujourd'hui, pardonnez-moi, que des alter ego ! Que dire de ces messieurs 2 %, de ces dames 2 % qui s'imaginaient déjà en propriétaires des 55 % de non du 29 mai 2005? Volatilisé le magot? Pas du tout! Il est parti chez Ségolène, bien sûr, Ségolène qui a voté oui, mais qui a su, depuis, incarner tout ce que le non recelait d'exaspération devant la morgue des élites. La preuve de ce que j'avance? Contre qui, je vous le demande, s'acharne donc depuis deux mois la presse Sarko, la radio Sarko, la télé Sarko, en un mot l'empire Berluscozy? Sur ces farouches ennemis du capital, sur ces révolutionnaires redoutables qui ont nom Laguiller, Besancenot, Buffet? Vous n'y êtes pas. Ceux-là, on leur tapote la joue avec condescendance. Le feu est concentré sur Ségolène. Alors un conseil : si vous ne savez pas pour qui voter, demandez-le à votre meilleur ennemi: il vous le dira, lui!

Il y a désormais un autre vote de confort: c'est le vote Bayrou. Il est sympa, Bayrou. Il a du talent, Bayrou. Il se bat bien, Bayrou. Il est comme le petit rosé de Provence que l'on vous recommande dans les paillotes: il va avec tout. La création d'une «troisième force» centriste qui ne serait ni la gauche ni la droite, tout en empruntant aux franges modérées de l'une et de l'autre, est une vieille rêverie qui remonte aux jours les plus sombres de la IVe République. Pour échapper à l'emprise des communistes, et des gaullistes, Léon Blum avait appelé en 1947 à la concentration de la gauche de la droite et de la droite de la gauche. Le résultat fut une succession de combinaisons ministérielles de plus en plus fragiles, de plus en plus tordues, de plus en plus illisibles. Tous les électeurs séduits par le vieux manège brinquebalant, où les mêmes figurines défilent indéfiniment sur le devant de la scène devraient bien s'aviser qu'une fois la pagaille et l'imposture ramenées au coeur du système politique, nous ne disposerons plus désormais d'un de Gaulle pour siffler la fin de la récréation et sauver la démocratie du génie malfaisant de la magouille politicienne. Je conclus:

1) L'extrême gauche, plus gangrenée par la politique politicienne que n'importe lequel de ceux qu'elle dénonce, a transformé l'élection présidentielle en une épreuve de classement entre «nains de jardins» (Olivier Besancenot). C'est pitié.

2) Le centrisme pointe à nouveau son faux nez mystificateur. La constitution d'une majorité centriste, sorte de gouvernement des «honnêtes gens» créerait durablement sur sa gauche et sur sa droite deux catégories de réprouvés. En rendant impossible le jeu de l'alternance démocratique, elle ne leur offrirait d'autre option que l'illégalité.

3) La candidature de Ségolène Royal véhicule avec elle un sérieux espoir de rénovation du socialisme dans un sens à la fois moderne et populaire. Par bonheur, le peuple a compris cela depuis longtemps. Si la gauche intellectuelle n'était pas affectée d'un génie particulier pour compliquer à plaisir des données très simples, elle aurait déjà réalisé à son tour que, pour éliminer Sarkozy, il faut soutenir Ségolène. Cette gauche qui ne se rend jamais, pas même à l'évidence, dispose encore de huit semaines. Je fais le pari fou que ce sera suffisant.



Par Jacques JULLIARD
QUOTIDIEN : lundi 26 février 2007
Jacques Julliard historien et écrivain.
LIBERATION
Dernier ouvrage paru: le Malheur français, Flammarion (2005).

Les cartes de Ségolène Royal pour rebondir

Pour la première fois depuis la mi-janvier, la candidate socialiste a renforcé sa position dans le parti et l'opinion, la semaine dernière. Rejoint par tous les éléphants du PS, y compris Lionel Jospin, elle s'est affichée samedi en compagnie de Laurent Fabius.
En une semaine, le climat a changé autour de Ségolène Royal. A cinquante-cinq jours du premier tour de la présidentielle, la candidate socialiste dispose, pour la première fois depuis la mi-janvier, de plusieurs cartes maîtresses pour relancer véritablement sa campagne. Sa bonne prestation télévisée de lundi dernier et son record d'audience lui ont redonné du souffle.

Deux sondages ont enregistré un rebond des intentions de vote en sa faveur, le dernier en date Ifop-« Le Journal du dimanche » la donnant au coude-à-coude avec Nicolas Sarkozy au premier (28 % chacun) et au second tour (49,5 % contre 50,5 % en faveur du candidat de l'UMP). Forte de ce bol d'air et pour calmer les doutes sur sa capacité à « rassembler la famille socialiste », elle a sollicité jeudi les ténors du PS, qui ont tous répondu présent, y compris Lionel Jospin.

Embrassades et rose offerte
L'assentiment de celui qui la jugeait illégitime à l'automne a fait événement au point d'éclipser celui de Dominique Strauss-Kahn et de Laurent Fabius. Ce dernier s'est rattrapé samedi en Seine-Maritime en multipliant les occasions de photos aux côtés de la candidate. Petite promenade (50 mètres) en bord de Seine, déjeuner commun, embrassades et rose offerte à l'issue d'un meeting dans son fief du Grand-Quevilly... Au-delà des images, l'ancien Premier ministre n'a pas mégoté son soutien : « Désormais, chère Ségolène, c'est une pour tous et tous pour une », a-t-il lancé. Laurent Fabius a cogné sur François Bayrou (« Il n'est pas question de lui laisser capter des voix de gauche pour faire finalement gagner la droite ») et Nicolas Sarkozy rebaptisé « monsieur Supercherie », notamment sur l'incitation aux heures supplémentaires, dont le choix n'est, a souligné l'élu socialiste, pas du ressort du salarié. S'il a une nouvelle fois souhaité « une augmentation rapide et précise du SMIC » (quand la candidate est plus floue sur le calendrier), il a surtout mis en valeur le « pacte présidentiel ».

« La meilleure équipe qui soit »
Ségolène Royal est apparue plus retenue, en comparaison. Même si elle déclare disposer désormais de « la meilleure équipe qui soit », la candidate n'a pas oublié les accusations de populisme (proférées par les fabiusiens pendant la campagne interne) et y a répondu une nouvelle fois samedi. En signe à l'ancien porte-drapeau du « non » à la Constitution européenne, elle a souhaité une harmonisation fiscale en Europe et « l'instauration de taux planchers » pour l'impôt sur les sociétés. Ce qui ne l'a pas empêchée de vouloir « rassembler toute la gauche bien sûr, mais bien au-delà ».

Puis elle a défini sa conception de la « gauche moderne » - expression autrefois fabiusienne : une gauche « du XXIe siècle » qui « n'oublie rien » et « ne renonce pas à l'espérance du progrès social », mais une « gauche efficace » qui « sait que faute d'être confrontées au réel, les idées se transforment en dogmes » et qui « ne confond pas la conviction avec le sectarisme ».

Pour le moment, Ségolène Royal a assigné pour seule mission aux ténors socialistes de populariser son « pacte présidentiel » et par là même de contrer la puissance de feu de la droite. « Elle dispose désormais d'une palette de couleurs à utiliser », explique le fabiusien Claude Bartolone, nommé « chef de presse » dans la nouvelle équipe de la candidate. Et de préciser à sa manière : « DSK pour dire « non » à l'UDF, Jospin pour incarner la gauche qui obtient des résultats économiques et rappeler la nécessité du vote utile, Fabius pour l'Europe et l'international... » Mais la candidate n'a pas officiellement confié cette mission à Fabius samedi. Toujours attentive à préserver sa liberté d'action, elle attend peut-être de mesurer l'impact sur son image du « retour des éléphants » raillé par la droite, pour doser leur degré d'association à sa campagne.



ELSA FREYSSENET
LES ECHOS.fr

Julien DRAY

Sarkosy et les sous-marins!!!!!

Comme Royal, il n'a pas su dire exactement le nombre d'engins nucléaires que possède la France.

Nicolas Sarkozy s’emmêle à son tour dans le nombre de sous-marins. Interrogé lundi matin sur RMC/BFM, le candidat de l’UMP a affirmé que la France possédait « quatre » sous-marins nucléaires d’attaque (SNA). « Non, c’est cinq », lui a rétorqué le journaliste Jean-Jacques Bourdin. Manque de chance, c’est six !


C’est lors de cette émission que Ségolène Royal s’était trompée, le 24 janvier, sur le nombre de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), répondant que la France en possédait « un », alors qu’elle en a en réalité quatre. Le journaliste avançant alors le chiffre de sept…

« Honnêtement, la question est un peu spécieuse », a réagi Nicolas Sarkozy tout en estimant que la question nucléaire est « capitale». Lors de la gaffe de Ségolène Royal, l’entourage du candidat de l’UMP était toutefois loin de trouver cette affaire « spécieuse… »

Dans un souci d’instruction civique, Libération.fr tient à rappeler que la France possède six sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) : les Rubis, Saphir, Casabianca, Emeraude, Améthyste et Perle. Et également quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins : l’Inflexible, le Triomphant, le Téméraire et le Vigilant. Soit un total de dix. Ils sont tous à propulsion nucléaire, mais seuls les quatre SNLE sont armés de missiles stratégiques dotés d’armes atomiques.



Par Jean-Dominique MERCHET
LIBERATION.FR : lundi 26 février 2007

25.02.2007

Ségolène Royal se veut la candidate de "la gauche moderne du XXIe siècle"

Ségolène Royal s'est déclarée samedi candidate de "la gauche du XXIe siècle" lors d'un meeting avec Laurent Fabius, près de Rouen. "Je veux bâtir avec vous tous la gauche moderne, celle du XXIe siècle", a déclaré la candidate socialiste devant environ 7 500 personnes réunies au Zénith de Grand-Quevilly.

"La gauche du XXIe siècle, le camp du progrès, le nouveau modèle, une nouvelle façon, à partir des valeurs de gauche adaptées pour accompagner ces mutations pour apaiser les inquiétudes", a-t-elle dit. "La gauche nouvelle et efficace n'oublie rien, ni les luttes ouvrières ni les conquêtes sociales", a assuré Ségolène Royal."Elle ne renonce pas à l'espérance du progrès social, à l'égalité réelle, elle n'en rabat pas sur la lacité et les services publics" mais a "les yeux ouverts sur la réalité" et "ne confond pas la conviction avec le sectarisme".

"UNE POUR TOUS, TOUS POUR UNE", POUR LAURENT FABIUS
Assurant qu'elle s'inscrivait dans le sillage de François Mitterrand, Léon Blum et de l'ensemble des gouvernements socialistes, citant Lionel Jospin et Pierre Bérégovoy, elle a expliqué que cette gauche n'oublie "ni les luttes ouvrières, ni les conquêtes sociales", ne renonce pas "à l'égalité réelle", "n'en rabat pas sur la lacité et les services publics" et a "les yeux ouverts sur la réalité".

Laurent Fabius, candidat malheureux à l'investiture socialiste, avait auparavant sonné le rassemblement. "Désormais, chère Ségolène, c'est une pour tous et tous pour une", a martelé le député de Seine-Maritime, assurant : "Nous sommes ici rassemblés dans le même esprit offensif et amical pour dire notre souhait que d'ici peu de semaines, la présidente de la République s'appelle Ségolène Royal".

Cette réunion publique au moment où un sondage de l'IFOP, rendu publique samedi à 18 heures et à paraître dans Le Journal du Dimanche, montre que Ségolène Royal remonte dans les intentions de vote et resserre l'écart avec Nicolas Sarkozy. Les deux candidats sont crédités de 28 % chacun, au premier tour. Elle gagnerait 2,5 points alors que le candidat de l'UMP en perd 4. Quant à François Bayrou, au premier tour, le président de l'UDF est crédité pour la deuxième fois de 17 % d'intentions de vote (+1).

Selon cette enquête, réalisée entre les 22 et 24 février, soit après l'émission télévisée de Mme Royal lundi dernier sur TF1, M. Sarkozy l'emporterait cependant le 6 mai sur la députée PS par 50,5% contre 49,5 %. Ainsi, pour la 29e fois depuis le congrès de l'UMP le 15 janvier, Nicolas Sarkozy est donné vainqueur au second tour. Lors de son enquête précédente réalisée du 13 au 15 février, l'IFOP donnait M. Sarkozy vainqueur le 6 mai par 53 % contre 47 % à Mme Royal. Selon l'IFOP, Mme Royal progresse de 6 points chez les ouvriers et les employés.

LEMONDE.FR avec Reuters | 24.02.07 | 18h03 • Mis à jour le 24.02.07 | 18h35

Ségolène Royal et Laurent Fabius sous le signe du rassemblement

Ségolène Royal et Laurent Fabius se sont retrouvés samedi en Seine-Maritime, dans le fief de l'ancien Premier ministre socialiste, pour marquer le "rassemblement" du PS dans la perspective de l'élection présidentielle.

"C'est une journée de rassemblement et de contact avec la population", a déclaré la candidate socialiste à la presse avant un déjeuner à La Bouille avec Laurent Fabius, Alain Le Vern, président de la région Haute-Normandie, Didier Marie, président du Conseil général de Seine-Maritime, Jean-Louis Destants, son homologue de l'Eure et d'autres responsables locaux.

Priée de dire si les divergences internes au Parti socialiste appartenaient désormais au passé, Ségolène Royal a répondu : "Oui, je le pense vraiment". "J'ai besoin de tous les talents, de toutes les énergies".

"On a besoin que la gauche gagne pour redonner du dynamisme au pays. Ça ne peut venir que du rassemblement de la gauche et d'abord du rassemblement des socialistes", a renchéri Laurent Fabius.

"On peut avoir des différences et en même temps travailler ensemble et tendre vers le même objectif", a-t-il ajouté, deux jours après la décision de Ségolène Royal d'intégrer dans son équipe ses anciens rivaux Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn et l'ancien Premier ministre Lionel Jospin.

A l'issue du déjeuner, Laurent Fabius a qualifié le rendez-vous de "sympathique, chaleureux, amical".

Selon lui, les socialistes doivent désormais insister sur le bilan de Nicolas Sarkozy et les propositions-phares de leur projet présidentiel sur le pouvoir d'achat et l'éducation.

"Il y a beaucoup de gens qui n'ont pas nettement perçu que M. Sarkozy, c'était le sortant", a-t-il expliqué.

"Les gens disent 'il est un peu neuf', pas du tout, c'est le bilan". De même, sur les questions essentielles, le pouvoir d'achat, l'éducation, il y a encore des efforts à faire pour que les gens comprennent bien nos propositions", a ajouté le député de Seine-Maritime.

Claude Bartolone, député de Seine-Saint-Denis, a insisté sur l'unité retrouvée des socialistes, jugeant que "l'arrivée de tout le PS autour de Ségolène Royal permet de faire face à une étape indispensable pour gagner une élection à gauche : le rassemblement de tous les socialistes".

Les socialistes rassemblés, chaque responsable devra chercher "cet électorat qui dessine la victoire lorsqu'il vient voter", a-t-il ajouté.

Ségolène Royal et Laurent Fabius devaient tenir un meeting commun à partir de 16h00 au Grand-Quevilly.



samedi 24 février 2007, mis à jour à 16:04
Reuters
l'EXPRESS

23.02.2007

EQUIPE DU PACTE PRESIDENTIEL DE SEGOLENE ROYAL

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EQUIPE DU PACTE PRESIDENTIEL DE SEGOLENE ROYAL

Lionel Jospin
François Hollande
Dominique Strauss-Kahn
Laurent Fabius
Pierre Mauroy
Henri Emmanuelli
Bernard Kouchner
Bertrand Delanoë
Gérard Collomb
Martine Aubry
Yvette Roudy

Et les présidents des groupes socialistes à l’Assemblée Nationale et au Sénat : Jean-Marc Ayrault et Jean-Pierre Bel

Directeurs de campagne : Jean-Louis Bianco, François Rebsamen
Directeur de Cabinet : Christophe Chantepy


COORDINATION DES FORMATIONS POLITIQUES
François Hollande : Premier Secrétaire du Parti Socialiste
Jean-Pierre Chevènement : Président du Mouvement Républicain et Citoyen
Jean-Michel Baylet : Président du Parti Radical de Gauche


POLE EXPRESSION PUBLIQUE COMMUNICATION

Conseillers spéciaux : Jack Lang et Julien Dray
Porte-Parole (coordonnés par Jean-Louis Bianco) : Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Najat Belkacem.
Déléguée à l’expression républicaine : Christiane Taubira
Coordination des interventions thématiques : Jean-Pierre Chevènement
Réunions publiques, déplacements : Patrick Mennucci
Relations avec la presse nationale : Claude Bartolone, Delphine Batho
Presse régionale : Gilles Savary, Jean Guérard
Presse internationale : Elisabeth Guigou, Manuel Valls
Argumentaires : Jean-Marie Le Guen, Annick Le Petit
Communication interne, mobilisation des fédérations : Bruno Le Roux Eugène Caselli
Christiane Demontès
Gilles Pargneaux

Coordination des réponses aux questionnaires : Stéphane Le Foll
Coordination des réponses au courrier : Thierry Mandon
Relations syndicats / associations / société civile : David Assouline

Association de financement : Dominique Bertinotti

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