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23.02.2007
Ségolène Royal recrute tous les "éléphants", Jospin compris
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Soucieuse de donner l'image d'une famille socialiste rassemblée à deux mois du premier tour, Ségolène Royal s'entoure d'une "équipe du pacte présidentiel" intégrant tous les "éléphants" du Parti socialiste, Lionel Jospin compris.
Quasiment invisibles depuis l'investiture de Ségolène Royal en novembre, ses anciens rivaux, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, réapparaissent également sur le devant de la scène.
"Tout le monde est rassemblé dans cette phase décisive de la campagne", a déclaré la candidate aux agences de presse.
L'apparition de Lionel Jospin dans le nouvel organigramme constitue la principale surprise de cette réorganisation, que l'entourage de la candidate s'était attaché à minimiser depuis le début de la semaine.
A deux mois du premier tour de la présidentielle, "le but de Ségolène Royal c'était de rassembler large", a déclaré à Reuters son co-directeur de campagne, Jean-Louis Bianco, qui conserve son poste, de même que son alter-ego François Rebsamen.
Pendant trois mois l'été dernier, Lionel Jospin avait envisagé de briguer à nouveau les suffrages des militants du PS.
Le chef de l'ancienne gauche plurielle n'avait eu de cesse au cours de cette pré-campagne interne de dénoncer les "dangers" de la démocratie participative chère à la présidente de Poitou-Charentes, qu'il soupçonnait également de vouloir contourner le PS.
Début février, alors que Ségolène Royal traversait une passe délicate avant la présentation de son "pacte présidentiel", il s'était engagé dans la bataille présidentielle, attaquant de front les propositions économiques et sociales de Nicolas Sarkozy.
Il avait toutefois prévenu qu'il entendait participer à la campagne "librement", "à (s)a façon" sans forcément aller "s'asseoir sur une chaise" dans les meetings. "Ces histoires d'éléphants, ça ne m'intéresse pas", avait-il confié sur RTL.
"C'est un très bel exemple de dévouement à une cause - celle du progrès - qui dépasse le personnel", s'est félicité sur i-Télé le premier secrétaire du PS, François Hollande, qui figure dans la nouvelle "équipe du pacte" formée de treize responsables socialistes.
"CIMETIÈRE DES ÉLÉPHANTS"?
Contrairement à ce que son entourage laissait entendre depuis 48 heures, la candidate n'a pas choisi de créer un "conseil stratégique restreint". "Le conseil stratégique, c'est le Bureau national du PS" qui se réunit tous les mardis soir, a précisé Jean-Louis Bianco.
Pierre Mauroy, Henri Emmanuelli, les maires de Paris et de Lyon, Bertrand Delanoë et Gérard Collomb, l'ancienne ministre des Affaires sociales Martine Aubry, l'ancien ministre socialiste Bernard Kouchner, Yvette Roudy, et les présidents des groupes parlementaires Jean-Pierre Bel et Jean-Marc Ayrault font également partie du groupe des treize.
"Ces personnalités vont aller prendre la parole au nom de Ségolène Royal pour populariser et faire connaître le pacte présidentiel et animer les débats", a expliqué Jean-Louis Bianco.
"Cela ressemble un peu au cimetière des éléphants", commente sous couvert d'anonymat un jeune responsable socialiste dépité par le manque de "fraîcheur" du nouveau pack.
Deux autres "pôles" sont mis en place: "coordination des forces" (François Hollande, Jean-Michel Baylet, président du PRG et Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du MRC) et "expression publique et communication".
Signe supplémentaire du rassemblement souhaité par la candidate, Stéphane Le Foll, directeur de cabinet de François Hollande, est nommé "coordinateur des réponses aux questionnaires", le député strauss-kahnien Jean-Marie Le Guen et la jospiniste Annick Lepetit seront, eux, chargés des "argumentaires" de campagne.
COMMUNICATION RENFORCÉE
Au total, le nouvel organigramme compte une trentaine de personnes mais d'autres nominations seront annoncées "dans les jours qui viennent", notamment pour les "chargés de questions thématiques", a précisé le co-directeur de campagne.
Après plusieurs "couacs" de campagne, un important pôle "expression publique et communication" a été formellement créé.
"Il n'était pas structuré de manière satisfaisante", a reconnu le co-directeur de campagne. "Nous n'étions pas absolument parfaits dans ce domaine".
Dans cette entité, Jack Lang et Julien Dray deviennent "conseillers spéciaux" de la candidate et trois porte-parole travailleront sous la coordination de Jean-Louis Bianco.
Arnaud Montebourg, frappé mi-janvier d'un mois de suspension pour des propos qui se voulaient humoristiques sur François Hollande, conserve sa fonction qu'il partagera désormais avec son ancien allié du Nouveau parti socialiste (NPS) Vincent Peillon.
Comme en miroir de la structure de campagne de l'UMP, la candidate socialiste a choisi de nommer une femme d'origine maghrébine - la conseillère régionale PS de Rhône-Alpes, Najat Belkacem - comme troisième porte-parole.
Dans ce troisième pôle, Claude Bartolone, bras droit de Laurent Fabius, sera chargé du "suivi de la presse nationale", Gilles Savary de la presse régionale, Manuels Valls et Elisabeth Guigou de la presse internationale.
vendredi 23 février 2007, mis à jour à 09:03
Reuters
L'EXPRESS
09:55 Publié dans Lu dans la presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note